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Albert Jeanneret (1886-1973), violoniste et compositeur, est né à La Chaux-de-Fonds et mort à Corseaux. Il travaille le violon avec Georges-Albert Pantillon à La Chaux-de-Fonds avant de poursuivre ses études chez Andreas Moser à la Königliche Hochschule de Berlin. De retour en Suisse, il prend des leçons chez Henri Marteau, à Genève, puis est admis dans la classe de virtuosité au Conservatoire de cette ville. Il travaille aussi le contrepoint avec Otto Barblan. Deuxième violon dans le quatuor Pollak et professeur suppléant au conservatoire, Albert Jeanneret fonde une société de jeunes compositeurs dont feront partie Jean Binet et Charles Faller. Président d’honneur de cette société, Emile Jaques-Dalcroze révèle la rythmique à Albert Jeanneret et l’engage à le suivre. En 1909, Albert Jeanneret quitte Genève pour Hellerau, près de Dresde, et devient alors disciple de Jaques-Dalcroze. Il enseigne dans l’institut que ce dernier développe. Au début de la Première Guerre mondiale, Albert Jeanneret revient en Suisse, fonde un quatuor à cordes et fait connaître la musique contemporaine aux habitants de La Chaux-de-Fonds. En 1919, à l’instigation de son frère Le Corbusier, il entre à la Schola Cantorum de Paris comme professeur, puis ouvre sa propre école: l’Ecole française de rythmique et d’éducation corporelle. Il fonde également un orchestre d’enfants pour lequel il imagine plusieurs partitions originales pour l’époque. Parallèlement à son oeuvre de compositeur pour instruments «classiques», Albert Jeanneret entreprend diverses recherches avec des corps sonores simples, faisant chanter ses jeunes élèves au son de cloches accordées, de tubes de métal, de triangles, de cymbales, etc. Vingt-cinq symphonies sont ainsi créées par l’Orchestre d’enfants Albert Jeanneret, qui donne plusieurs concerts à Paris. Dans cette ville, il collabore aussi à la revue L’Esprit nouveau, fondée en 1919 par Le Corbusier, Amédée Ozenfant et Paul Dermée. En 1939, il s’installe dans la petite maison de Corseaux, en Suisse, construite par Le Corbusier, et reprend son enseignement du violon tout en poursuivant des recherches sur les bruits humanisés. Il improvise avec les enfants et enregistre des oeuvres où interviennent divers bruits familiers comme ceux de meubles déplacés, de feuilles de papier heurtées avec un bâtonnet ou de gravier déplacé sur un tambour. Albert Jeanneret a laissé à la postérité plus de 150 compositions musicales.
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La Bibliothèque de la Ville a reçu en don le fonds Albert Jeanneret en 1975.
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